(1713-1770), (note N°52)

Capitaine et procureur de la communauté de Letia sous le généralat de Pasquale de Paoli. Né en 1713 à Letia, Anto Santu Arrighi est le fils du capitano Giacomo Francesco Arrigho (1).          Anto Santo Arrighi a été élu procureur de la communauté de Letia après 1755. En 1762, tout en demeurant attaché au parti national et fidèle au général de la nation, Pasquale de Paoli, il contesta, avec d’autres capipopoli de la région, l’autorité de Santu Folacci, commissaire général pour le Dila.

En 1768, alors que le danger d’affrontement avec les troupes françaises se précisait, le général Paoli a demandé à cinquante communautés de l’intérieur de mettre à la disposition du gouvernement une compagnie qui devait renforcer l’armée nationale ou truppa pagata. Letia fut choisi avec d’autres communautés pour fournir une unité pour l’armée régulière. En Août 1768, alors que la compagnie Arrighi, formée en majorité de letiais, se trouvait sur la redoute de Furiani où les combats allaient s’engager, Anto Santu Arrighi mobilisa les hommes valides de la communauté pour marcher sur Sagone,  avec divers contingents du vicolais, pour repousser le débarquement de galères, venues de la garnison françaises d’Ajaccio en vue de s’emparer de la tour de Sagone (2).

Anto Santu Arrighi désigna le député qui avait représenté la communauté de Letia à la Cunsulta de 1765, le capitanu Ignaziu Arrighi, pour recruter et former la compagnie de volontaires qui pris son nom. Cette unité était composée en majorité de ressortissants de la communauté letiaise. La compagnie recruta des volontaires dans les villages de Sorru in Giu. Un recrutement fut effectué à Soccia pour Sorru in su, alors que Coggia, Arbori, Murzo, Vico fournissaient chacun deux hommes. Anto Santu Arrighi avait participé à la désignation des hommes de la compagnie où l’on retrouve toutes les familles de la communauté letiaise. Les procureurs des autres villages avaient eux-mêmes, en accord avec Ignazio Arrighi, désigné les soldats recrutés dans les communautés de la piève.

L’effectif réduit des compagnies résulte du manque de moyens dont disposait le gouvernement de Paoli qui limita ainsi les possibilités de recrutement dans les villages et les pièves. Les commandants d’unité de l’armée régulière durent modérer les ardeurs des jeunes volontaires et s’en tenir, comme c’est le cas pour la compagnie formée à Letia, à un enrôlement total de 17 puis de 21 recrues.

Anto Santu Arrighi se rendit régulièrement à Corti pour assister aux différentes Cunsulte en vue de la mobilisation générale. Il décéda en 1770, deux ans après l'infelice battaglia di Ponte Novu.

Anto Santu Arrighi s'était marié le 17 octobre 1746 avec Angiola Maria LECA d' Arbori, née dans ce village en 1724 et fille de Pietro Santo Leca. L'épouse Angiola Maria reçu de ses parents une dot de 1300 lires par contrat signé devant le notaire Padivantonio Peraldi de Vico.(C.F.-1-supra, Les seigneurs de Leca, Tome IV, Canavelli Colonna, éditions Piazzola, 2012).

(1)  Giacomo Francescu Arrigho était le fils del podestà Battestino d'Arrio, fils de Mighele d'Arrio dit Arrio II, fils d’Arrio I, le fils de Franciscone da lo Piano, arrêté par les génois en 1513 avec son frère Andria, alors qu'ils s'étaient rendu sur le territoire de la communauté de Letia, pour y cultiver les terres, interdites d'accès à la suite de la grande révolte, menée en faveur de Gio Paolo di Leca, et qui suscita la destruction du Village de Letia et ceux de la région, par Niccolo Doria, en 1503 avec, pour les habitants, interdiction de revenir durant trente ans pour y cultiver leurs terres. (C.F. Livret sur le Patrimoine historique et Religieux de la Communauté de Letia, pages 15 et 50). Concernant l’ascendance, voir « Les seigneurs des Leca et leurs descendants » – tome IV. Canavelli Colonna. Editions Piazzola, 2012.

(2)     C. F Bulletin de la Société des Sciences Historiques et Naturelles de la Corse. Archives Départementales de la Corse du Sud (10 RE V). Dans cette lettre Paoli indique à Vinciguerra, présent à Furiani,  que la Tour de Sagone avait été menacée par des Galères, venues de la garnison française d’Ajaccio mais que 300 nationaux du vicolais, qui montaient la garde sur la grève, avaient empêché le débarquement des soldats qui projetaient de s’emparer de la tour.