Officier et patriote corse, (31)

Il fut l’un des principaux artisans de la victoire de  Borgu (5 au 9 octobre 1768), où il commandait I pumuntichi, (les originaires de la région du Pumonte ou de l’Au Delà des monts) et des patriotes du Cismonte avec quelques étudiants de l’université de Corti.

Grâce à son action au Nord de Borgo, les troupes françaises furent ralenties sur les rives du  Bevinco, avant de tenter de prendre en tenailles les corses qui assiégeaient Borgo. Après leur échec pour délivrer la garnison de Borgo, elles furent rejetées sur la Marana et Bastia. Ce coup d’arrêt porté aux troupes de Chauvelin, dont les colonnes de Marbeuf et d’Arcambal, permis à l’ensemble des troupes nationales de s’emparer de Borgo et de la garnison française aux ordres du colonel de Ludre. Ces troupes, placées sous le commandement du général Pasquale de Paoli, et des chefs nationaux comprenaient, entre autres, le bataillon Saliceti avec la compagnie Arrighi, formée à Letia. .

 Le général J.P. Abbatucci, héros de la guerre d’indépendance contre Gênes puis contre la France, responsable des Pievi du Sud de la Corse, contesta l’autorité de Paoli et fut incarcéré à Corti durant sept mois. Il se réconcilia  avec lui en 1766 et fut nommé, à cette date, général pour le Sud de l’île. Rallié au vainqueur après Ponte-Novu.
Marbeuf, marquis de Cargèse, « le vieux pacha luxurieux » qui le jalousait à cause de son charisme et de l’ascendant qu’il avait sur ses compatriotes, tenta de le compromettre dans un complot criminel, objet d’un montage avec le faux témoignage du curé de Guitera, qui tourna à son désavantage. Le général fut néanmoins condamné et envoyé au bagne de Toulon avant d’être innocenté en 1782, puis réhabilité en 1787. Il pu retrouver son grade de Lieutenant colonel de l’armée royale, avant d’être élevé au grade de Maréchal de Camp en 1791.

Il s’opposa à nouveau à Pascal Paoli après le retour de celui-ci de son exil de Londres.
Le général Jacques Pierre Abbatucci dont les aïeux originaires, de Zicavo, dans la Pieve de Talavu, s’étaient distingués au service de la République de Venise, notamment lors de la guerre contre les turcs, avait fait ses études chez les jésuites à Brescia, ville où son grand père maternel, le général Domenicu Paganelli-Zicavo, était gouverneur.
Il est le père du général Charles Abbatucci mort au combat de Huningue en 1796 à l’âge de 25 ans, du jeune lieutenant Séverin Abbatucci, mort à 19 ans, après le siège de Calvi (août 1794) où il fut mortellement blessé, et du chef d’escadron Antoine Abbatucci, mort à 22 ans durant la campagne d'Égypte avec Bonaparte.
Son petit fils Jacques Pierre sera ministre de Napoléon III.