Officier et patriote corse (50).

Saliceti Ghjuvan carlu, capitaine. En 1739, le 10 août, à la demande du marquis de Maillebois qui avait remplacé le comte de Boissieux comme envoyé de Louis XV, alors que Gênes n’était plus en mesure de gouverner la Corse devant la révolte et l’emprise des nationaux, Saliceti est capitaine au régiment Royal Corse.  Il a en effet accepté l’offre de Maillebois qui délivre des patentes de capitaine aux corses qui arrivent à lever 50 nationaux corses. C’est le 10 août 1739, qu’il  est admis au Real Corso, régiment royal d’infanterie italienne, créé  par ordonnance du roi Louis XV. Avec Ghjuvan Carlo Saliceti on trouve dans ce régiment Ignaziu Domenicu Baldassari de Furiani et le capitaine d’origine Cortenaise Arrighi Ignaziu, ancien lieutenant de l’armée de Venise qui de passage en Corse sera arrêté par les génois avant de se mettre au service de Ghjacintu Paoli.

Le 4 octobre 1739, Maillebois  présentera  à Corti  sept compagnies du Royal Corse, avec leurs officiers dont Saliceti Ghjuvan Carlu, Arrighi Ignaziu, Francescu Orticoni, Orsone Tavera, Oraziu de Carbuccia, Don Filippu Grimaldi et Petru Paulu Murati. Ignaziu Arrighi décèdera à Antibes le 28 décembre 1739.

En décembre 1739, Ghjuvan Carlo Saliceti participe à la Consulta de Biguglia, où il rencontre avec Ghjuvan Tomasu Giuliani et d’autres Principali, le marquis de Cursay,  envoyé de Louis XV en Corse. Ce dernier évoque les « bonnes intentions» du roi de France à l’égard des corses. Cursay ne fera pas allusion à une nouvelle soumission à Gênes mais évoque l’obéissance au roi de France. Les corses semblent séduit par la démarche de  de Cursay. Une lettre est envoyée au roi de France dans laquelle les corses le prient de recevoir leur soumission sans réserve et lui promettent de se conformer à toutes les instructions de son représentant. Salicetti Ghjuvan Carlu signe cette lettre ainsi que dix sept des plus éminents chefs corses du moment.

Il se rallie à Pasquale de Paoli des avant son accession au pouvoir en 1755.

En novembre 1760, Salicetti commande le détachement de soldats nationaux qui s’empare de la tour de la Mortella qu’il enlève aux génois. Après l’avoir bombardée, il s’en rend maître au nom de la nation.

En mai 1762, Pascal Paoli lui confie la direction du siège de Macinaghju. En août de la même année, Aleriu Francescu Matra, qui veut combattre Pascal Paoli, lui adresse, ainsi qu’à d’autres chefs régionaux, un manifeste pour l’inciter à abandonner le parti de Paoli et à le rejoindre. En septembre, Salicetti  attaque Antisanti, dans la piève de Vezzani, où se sont réfugiés les partisans de Matra. En octobre, il est à Ferringule  (Farinole) dans le Cap pour empêcher Antonucciu de Matra d’atteindre la Coscia. En décembre, il est nommé commandant de compagnie d‘un des deux régiments nationaux, nouvellement créés.

En juillet 1763, il est blessé  à la bataille de Furiani contre les génois.

En  octobre 1763, Il participe sur ordre de Pascal Paoli à l’attaque de la citadelle d’Ajaccio avec un détachement chargé de s’emparer du quartier du Borgo pour approcher la citadelle, tandis qu’un autre détachement, commandé par Buttafoco, viendra de Saint Antoine par les collines. Ce projet avait été préparé par l’avocat Giuseppe Masseria, neveu de Santu Folacci, représentant du général Paoli dans le Pumonte. Masseria s’étant emparé de la citadelle par surprise attendit les renforts de Salicetti qui devaient venir de Campo dell Oru pour attaquer le Borgo, quartier proche des fossés. Buttafoco allongea son parcours en descendant de Saint Antoine du Mont, au Nord Ouest d'Ajaccio, après avoir rejoint le sentier venant des Sanguinaires. Les troupes génoises avaient eu ainsi le temps de réagir. Masseria  sera blessé et fait prisonnier ainsi que son fils. Il  mourra sous la torture. Saliceti sera contraint de quitter les abords de la ville.

En février 1767,  il est chargé de préparer le débarquement de Capraia.

En septembre 1768, lors de la première offensive des français, il dirige les unités nationales, dont la compagnie Arrighi, qui sont chargées de défendre, à Furiani, la pénétration sur l’axe Bastia - Casamozza. Paoli avait renforcé son dispositif en lui adjoignant Vinciguerra, à la tête de 400 hommes. Encerclé, après que les français se soient emparés de Biguglia, il réussi à décrocher avec ses unités dont la compagnie Arrighi et a gagner la Casinca. Il participe à la contre attaque en Casinca avec les effectifs qu’il a sous ses ordres. Les français sont rejetés sur la ligne de front, Saint Florent – Bastia, mais tiennent Borgo. Le 5 octobre, Gian Carlu Salicetti est présent à Lucciana, où il a installé ses compagnies sur les contreforts de Borgo, à la réunion préparatoire, autour de Pascal Paoli, des chefs des unités corses qui doivent mener l’assaut sur Borgo. Il participe avec ses unités, dont la compagnie Arrighi, à la bataille de Borgo qui se termine le 10 octobre par la reddition des troupes de de Ludre.

En avril 1769, il est parmi les chefs nationaux qui s’apprêtent à affronter les français à Ponte Novu. En mai, après la défaite, il se rend dans la région de Vico, où il connait le capitaine Ignaziu Arrighi, et les sous officiers et les soldats de sa compagnie  qu’il a eu sous ses ordres,  aux combats de Furiani et de Casinca, ainsi qu’à la bataille de Borgo. Avec Clemente Paoli, le frère du général et d’autres nationaux, il tente de reconstituer et de réorganiser l’armée nationale autour des quelques hommes qui restent avec lui, et de faire de la piève de Vicu un bastion de la résistance. La plupart des Capipoli du vicolais s’y  refusent et prennent contact avec les français. Salicetti se dirigera sur l’Île Rousse d’où il s’embarquera pour la Ligurie sur un navire anglais, avec deux cent nationaux. En décembre, il reviendra en Casinca avant de se rendre à Florence où il retrouvera Clemente Paoli.

Saliceti demeura fidèle aux idéaux du Babbu. Ainsi en 1774, il participera à l’expédition de Nicodemu Pasqualini, afin de soulever le Niolu. Originaire de Castinetta, Pasqualini avait été envoyé par Clemente Paoli en Corse pour tenter de fomenter une insurrection générale à partir du Niolu. Ce projet échoua et les protagonistes poursuivis par Marbeuf, réussirent à se réfugier dans le fort de Matra à Aléria, d’où ils seront chassés par l’artillerie de Marbeuf. Ils réussiront à fuir dans le Cap et enfin en Ligurie.  Ghjuvan Carlu Saliceti se réfugiera à Florence où demeurait également Clemente Paoli.

Sources : Cronica di Corsica de Caporossi. Ambroggio Rossi, Osservazioni storiche sopra la Corsica 1761-1768. Rôle de la compagnie Arrighi, archives départementales de la Corse du Sud. Journal des campagnes de 1768-1769 en Corse par le chevalier de Lenchères. Mariotti BSSHNC N° 103,106 (pages 382- 474).