(49) Officier et chef de guerre sous le régime du roi Théodore.

Né à Corti vers 1700, il est le frère d’Antonio Maria Arrighi qui sert dans l’armée vénitienne. Ignazio Arrighi à rejoint son frère à Venise où il devient Lieutenant des armées de la république de Venise. Il entre par la suite au service du roi de Sardaigne.

En avril 1733, de passage en Corse, il est arrêté par les génois, comme « rebelle », puis libéré au bout d’un mois. Considéré comme un agent de Venise par les représentants de Gênes; Ignazio Arrighi est aussi un personnage quelque peu excentrique. Il arbore un large crucifix sur la poitrine et un chapelet autour du cou.

En février 1734, il se met au service de l’un des généraux du Règne de Corse, le général  Ghjacintu Paoli. Il sera toujours opposé à Giafferi et marquera de la défiance à son égard. Il est chargé de prendre Corti, tenu par une centaine de Suisses, commandés par un capitaine mercenaire, aux ordres des génois. Il parvient à prendre la ville et incendie une douzaine de maisons des fidèles de la république génoise, notamment les Adriani. Seule la citadelle demeure aux mains des génois, jusqu’à ce qu’il s’en empare en avril 1734.

A la consulta de Sant’ Antonio di a Casabianca, dans l’Ampugnani, il est nommé Lieutenant général du Royaume. En mai, à la consulta d’Aregno, il tente en vain de décider les balanais, fidèles à Gênes, à entrer dans le conflit aux côtés des nationaux.

En janvier 1735, à la consulta d’Orezza, il est nommé membre de l’Uffiziu di a Guerra. Ses troupes désarment les balanais qui ont refusé de participer à la consulta et qui sont demeurés fidèles à Gênes. En avril, il est dans le Cap corse. En mars 1736, il est le seul chef corse à ne pas accueillir Théodore 1er. Il est chargé de s’emparer de Saint Florent. Avec 300 fusiliers, il fait route vers San Pellegrino. En mai, à la tête de 100 cavaliers et de 500 fusiliers, il s’empare de Patrimonio et de Barbaghju  et cerne Saint Florent. Toujours en mai,entré en dissidence, il veut empêcher le roi Théodore de séjourner à Corti. Il s’en suit une bataille au cours de laquelle il est battu. Il s’enfuit et se réfugie dans le vicolais. Sa maison et celles de ses parents sont pillées et incendiées. Demeurant opposé à Théodore, menacé d’arrestation par ce dernier, il devient chef de la région vicolaise (C.F. Eléments de biographie dans  Cronica di Corsica). Théodore de Neuhoff  a toujours considéré Arrighi comme un ennemi au même titre que le chanoine Orticoni, Ghjacintu Paoli ou Salvini. Il le dit par lettre adressée, après son départ intervenu début novembre 1736, lorsqu’il écrit à Giovan Maria Balisone Teodorini qu’il appelle «son  premier chapelain ». ( C.F Antoine Marie Graziani, le Roi Théodore, Editions Taillandier juin 2005, page 223).

Avant de quitter la Corse pour arriver à Livourne le 12 novembre 1736, affirmant vouloir revenir bientôt en Corse, Théodore nomme divers responsables et désigne comme son représentant dans le vicolais le chanoine et comte Ilario Guagno et comme chef du Dila, Luca Ornano. (C.F Antoine Marie Graziani, infra).Ces deux personnages ont pour objectif de contrecarrer l'action d'Arrighi à la tête du vicolais où il s'appui sur son parent Prete Marcoriu.

Ignazio Arrighi est bien installé dans la région du vicolais à l’arrivée du colonel comte de Boissieux. Il s’y trouvait déjà depuis qu’il était menacé d’arrestation par Théodore, après les affrontements à Corti et l’attaque menée par les partisans de Théodore qui avaient incendié la maison Arrighi dans cette cité.

Selon Ambrogio Rossi (Osservazioni Storiche sopra la Corsica, Libro VII, page 73  et 74), le chanoine et comte Ilario Guagno et le responsable du Dila, Luca Ornano, nommés tous deux dans leurs fonctions par Théodore, avaient écrit à Maillebois pour dénoncer  Ignazio Arrighi, en affirmant qu’il fallait considérer comme suspecte sa présence dans le vicolais.

Selon Ambroggio Rossi, toujours dans le livre cité infra, (page 96), en juin 1739 le colonel Maillebois a chargé le commissaire à la guerre , Villeheurnois, de vérifier à Campo dell’Oro, puis à Sagone, les quantités de fourrage disponible  pour la cavalerie. Villeheurnois s’est rendu à Sagone avec le consul de France, le docteur Paravisini. A cette occasion, l’envoyé de Maillebois a convoqué les chefs de province. Il a ainsi reçu le Chanoine Ilario Guagno, le prêtre Marcoriu, le chanoine Bianchi et, précise Ambrogio Rossi, le lieutenant Arrighi Ignazio.

Arrighi Ignazio est bien responsable du vicolais à l’arrivée de Maillebois auquel il se rallie.

En 1739, le 10 août, à la demande du marquis de Maillebois qui avait remplacé le comte de Boissieux comme envoyé de Louis XV, alors que Gênes n’était plus en mesure de gouverner la Corse devant la révolte et l’emprise des nationaux, Ignazio Arrighi est capitaine au régiment Royal Corse.  Il a en effet accepté l’offre de Maillebois qui délivre des patentes de capitaine aux corses qui arrivent à lever 50 nationaux corses. C’est le 10 août 1739, qu’il  est admis au Real Corso, régiment royal d’infanterie italienne, créé  par ordonnance du roi Louis XV. Avec  Ignazio Arrighi, on trouve dans ce régiment Ignaziu Domenicu Baldassari de Furiani et le capitaine Ghjuvan Carlo Salicetti.

Le 4 octobre 1739, Maillebois  présentera  à Corti  sept compagnies du Royal Corse, avec leurs officiers dont Saliceti Ghjuvan Carlu, Arrighi Ignaziu, Francescu Orticoni, Orsone Tavera, Oraziu de Carbuccia, Don Filippu Grimaldi et Petru Paulu Murati.

Ignaziu Arrighi décèdera à Antibes le 28 décembre 1739.